Les trucs du débutant en Impro #1 : La question de la question


L'improvisateur / jeudi, novembre 25th, 2021

Nouvelle série  de courts articles sous forme de boite à outils à destination des débutants et débutantes. Aujourd’hui un énorme classique : la question !

 

Pourquoi on pose une question en impro ?

On dit souvent aux débutants et débutantes de ne pas poser de questions. C’est globalement vrai. Mais pour être précis, les questions que l’on veut éviter sont celles posées par le-a comédien-ne, le personnage, lui, peut poser des questions si besoin, du genre « Je sais, Christophe, que j’ai été horrible, mais peux-tu me pardonner ? »

Je pense plutôt aux très classiques « Mais qu’est-ce que tu fais ?« , « Qui êtes vous ? » ou encore « Que faites vous ici ? » qui sont très courants chez les novices.

Ces questions sont parfaitement naturelles, il est tout à fait normal de les poser. En effet, devant une situation incongrue ou difficilement compréhensible, dans la vie réelle on va poser ces questions.

Enfin, c’est ce qu’on pourrait croire. Il est très rare que deux personnes se rencontrent sans savoir pourquoi en réalité. Si quelqu’un vient chez vous et s’affaire sous votre évier, c’est vraisemblablement un plombier que vous avez contacté ! Vous n’allez pas lui demander ce qu’il fait là.

Poser des questions en impro

En impro donc, pourquoi poser ces questions ? C’est tout simplement un manque de confiance. Vous n’avez pas appris à prendre le lead, à assumer ce qu’il se passe, à lever les ambiguïtés par vos propositions. Alors naturellement vous renvoyez la balle à l’autre. En plus, vous n’avez sûrement pas envie de mal interpréter la gestuelle de l’autre. Et je ne compte pas si vous avez peur de la faute de « rudesse » dans le cadre d’un match d’impro…

L’inconvénient c’est que ce n’est pas naturel et le public s’en rend compte. D’autant que vous, en tant que comédien ou comédienne, vous vous mettez en position de vous faire mener par le bout du nez par votre vis-à-vis.

La solution : fake it until you make it :

Il y a deux astuces derrière ça. La première est une mini gymnastique mentale qui une fois maîtrisée devient naturelle et vous évite le piège :

  • Au lieu de poser la question, dites la.
    • Ex :
      • « Qui êtes vous monsieur ? » devient « Mr le plombier, je vous attendais ! »
      • « C’est votre voiture ça ? » devient « Votre voiture me gène ! »
      • Plus difficile : »Qu’est ce qu’on fait ? » devient une action ou « faisons X »

L’autre astuce vient avec l’expérience et l’assurance : assumer le lead. L’autre propose une action qui n’est pas claire ? C’est à vous d’interpréter. La situation est confuse ? Clarifiez là. Tant pis si vous pensez « manger » le jeu de l’autre, la situation mérite d’être claire et tout le monde s’en portera mieux.

Bien sûr ces deux astuces marchent d’autant mieux que vous maîtrisez les fondamentaux de l’impro que sont l’écoute et l’acceptation.  

Bonus final : Si l’on vous pose une question du type « qu’est ce que vous faites là ? » « Qui êtes vous ? » Etc, répondez « Tu connais la réponse à cette question » effet garanti 😉 Cela forcera l’autre à se positionner et à assumer. Attention cependant ça reste une peau de banane et ça vous décharge d’assumer votre proposition à vous.

Voilà pour ce premier truc ! S’il vous a été utile partagez le et si vous avez une expérience à partager, les commentaires sont ouverts !

 

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