Mystères à Saint-Jacut, impro et podcast


Spectacles / mercredi, mars 25th, 2020

Aujourd’hui je vous propose une petite critique, ou du moins un avis sur ce programme réalisé par François Descraques et qui se veut un podcast improvisé. Et moi, François Descraques j’aime beaucoup, et l’impro aussi, alors forcément je dois en parler !

C’est quoi que ça donc ?

Alors pour vous faire une idée du programme, je vous invite à écouter quelques épisodes de ce “Soapcast”, le mieux reste des les prendre dans l’ordre 😉

Je reprends quand même la présentation de l’auteur que je trouve fort à propos :

C’est un Soap mélangé à un Podcast. Un SoapCast comme on pourrait dire. Les trames sont écrites mais elles sont découvertes en direct par les comédiens qui doivent improviser les dialogues. Et ça se passe en Bretagne.

L’idée en gros dans Mystères à Saint-Jacut, c’est d’avoir des épisodes “partiellement improvisés” autour d’une trame et surtout de personnages.

Sur un ton très loufoque et très “délires entre potes”, on suit les pérégrinations de ces personnages dans leurs aventures rocambolesques.

Il y a des personnages récurrents (Maclou, Flodrigue, Yanoche, etc) avec en fil rouge, l’intrigue de Flodrigue ainsi que la ville de Saint-Jacut qui devient au fil des écoutes un personnage à part entière.

François Descraques orchestre le tout, dirigeant l’histoire, recadrant les débordements et prévoyant les rebondissements avec légèreté et humour.

Et alors, c’est comment ?

Et bah c’est vachement bien. C’est drôle, varié, les personnages sont forts, les relations intéressantes et le décorum aux p’tits oignons.

Le fil rouge avance petit à petit, les surprises (guests, épisodes musicaux, etc.) sont hyper agréables, la qualité de la prod est top.

Bref ça marche.

Surtout on a un vrai feeling de potes qui prennent juste plaisir à jouer ensemble. C’est simple et percutant, les comédien-ne-s sont attachant-e-s et du coup on leur pardonne aisément quand ils se plantent.

C’est quelque chose que j’essaie d’inculquer lorsque je fais des formations : si vous vous plantez, faites-le avec force et gloire, n’ayez pas peur de l’échec.

Et du point de vue de l’impro ?

Première chose, je ne connais pas le passif d’impro des comédiens et comédiennes. Je sais juste qu’une partie (Florent “Flodrigue” Dorin au moins) ont une formation de comédien, et ont donc approché l’impro à un moment ou un autre.

Il y a donc des faiblesses “techniques” on va dire, mais ce n’est pas ça qui est important dans l’absolu. Ce qu’il faut regarder c’est plutôt la gestion globale.

Souvent dans les spectacles d’impro, pour “compenser” le peu d’expérience des comédiens, un décorum fort permet d’absorber ça pour que le spectacle soit solide.

C’est ce qui se passe ici. François Descraques, par ses interventions, oriente la séance dans la direction qu’il souhaite.

Ce qui fait dire à certains invité-e-s qu’il a “un plan” et que “tout est prévu”. En toute honnêteté je ne pense pas, du moins pas au delà de l’épisode en cours.

Pour moi, et je pense pour les improvisateurs et improvisatrices confirmé-e-s qui me lisent, c’est un peu frustrant. On sent parfois que les comédien-ne-s sont sur le point de partir dans une direction inattendue et imprévue, ce qui est l’essence de l’impro. Sortir du cadre attendu et créer un monde qui n’est ni le nôtre ni celui de l’autre.

C’est pourtant là que l’animateur va recadrer pour coller à son déroulé d’épisode. En tant qu’improvisateur, je trouve ça un peu dommage, finalement on ne se surprend pas tant que ça.

On est donc dans un style “sub-improvisé” où en fait, on ne se lance jamais dans le grand bond qu’est l’impro parce qu’on sait où on va précisément, au lieu de se laisser de la liberté.

Au final

Et bien je vous recommande Mystères à Saint Jacut, tout simplement. C’est frais, c’est neuf, c’est drôle et c’est très bien fait.

Certes mon coté “improvisateur” se dit “mais on pourrait faire tellement plus !” mais ça passe vite car le programme est vraiment chouette.

Prenez-le comme c’est, un podcast de divertissement, avec des gens extras qui s’éclatent pendant une heure, et ça, au final, c’est l’essentiel !

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